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« Notre naissance est une loterie »

Caroline Antoine

Temoignage

Caroline Antoine - Référente santé


Titulaire d’un master de santé publique sur la gestion de programme de santé et d’une formation en épidémiologie appliquée, elle a rejoint le monde des ONG en 2008 : République démocratique du Congo, Tchad, elle a passé plusieurs années sur le terrain et se rappelle de sa situation en 2006 à l’occasion de la commémoration du drame de Muttur.

Il y a dix ans, en 2006, j’étais infirmière à l’hôpital Bichat au service des maladies infectieuses et tropicales. C’était une porte d’entrée pour rejoindre le monde humanitaire. Au même moment s’est produit le drame de Muttur, et bien que cet événement ait été dramatique, il ne m’a pas dissuadée de poursuivre mon parcours dans le secteur de l’humanitaire. Je crois que je n’ai jamais pris la décision de devenir humanitaire, c’est une envie que j’ai toujours eu : je ne rationnalisais pas. De manière intuitive je ressentais le désir de faire de l’humanitaire et il s’est avéré que c’était le bon choix.

Deux ans après, je suis partie avec une ONG en République démocratique du Congo et j’y suis restée quatorze mois. J’ai travaillé par la suite comme référente santé sur la zone Afrique et j’ai effectué des missions courtes en Centrafrique, Tchad, République du Congo et Côte d’Ivoire. Etre sur le terrain c’est ce qui me donne le plus envie de me lever. Je ne sens ni la fatigue ni la lassitude.

Le fait que notre naissance puisse être une loterie, que la vie de certaines personnes bascule si vite m’a toujours interloqué. J’étais à N’Djamena au Tchad pendant la crise centrafricaine, Action contre la Faim s’occupait d’un camp de réfugiés dans la banlieue de la ville. Beaucoup de personnes d’origines Tchadiennes vivaient en République Centrafricaine et ont dû quitter le pays précipitamment pour retourner au Tchad. Certains sont devenus des bénéficiaires de l’aide alors qu’ils étaient auparavant de grands commerçants qui travaillaient parfois en tant que fournisseurs d’Action contre la Faim en République Centrafricaine.

J’ai travaillé dans la région des Kivus, en République démocratique du Congo. Cela a été longtemps une zone de conflits où les violences sexuelles étaient de véritables armes de guerre. Avec une ONG, en 2009, j’ai participé à un programme de prise en charge médicale et psycho-sociale des victimes. Ce sont des souffrances très profondes : les violences sexuelles sont exercées pour humilier la famille, les femmes sont contraintes à des horreurs et elles sont par la suite rejetées par leurs maris et leurs propres familles. Je travaillais avec des groupes de femmes congolaises qui avaient décidé de s’opposer et j’étais ébahie par leur courage. Je suis contente qu’on ait pu les aider à structurer leur association afin qu’elle puisse bénéficier de financements. Et à mon départ, une vingtaine de maisons d’écoutes pour accueillir ces femmes victimes étaient ouvertes.

Découvrez tous les témoignages :



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« Mes souvenirs les plus forts sont ceux des gens avec qui j’ai travaillé »
Eric Besse

Eric Besse travaille a rejoint Action contre la Faim en 2012. Ses souvenirs d’humanitaire les plus forts sont ceux des gens qu’il a côtoyés. Des collaborateurs nationaux, impliqués malgré leurs propres difficultés, tout comme l’étaient les dix-sept employés de Muttur.

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« Même si c’est un métier dur, il y a des grands moments de fierté »
Charlotte Schneider

Charlotte Schneider est coordinatrice des réponses d’urgences. Avec son équipe, elle intervient au plus fort des crises pour apporter une aide vitale et urgente aux populations vulnérables. Le drame de Muttur, un mois avant son arrivée à Action contre la Faim, a renforcé son engagement.

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« Notre naissance est une loterie »
Caroline Antoine


Caroline Antoine est référente santé à Action contre la Faim. République démocratique du Congo, Tchad, elle a passé plusieurs années sur le terrain et se rappelle de sa situation en 2006 à l’occasion de la commémoration du drame de Muttur.

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« Les interventions d’urgence m’ont permis de me sentir la plus utile »
Marie Sardier

Marie Sardier a rejoint Action contre la Faim il y a dix ans, peu après le drame de Muttur, et travaille désormais au siège comme référente sécurité alimentaire depuis quatre ans. Elle revient sur son expérience d’humanitaire qui lui a appris beaucoup sur elle-même.

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10 ans après le drame de Muttur :
ne jamais oublier, ne jamais renoncer.

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