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« Même si c’est un métier dur, il y a des grands moments de fierté »

Charlotte Schneider

Temoignage

Charlotte Schneider - Coordinatrice des réponses d’urgences


Avec son équipe, Charlotte Schneider intervient au plus fort des crises pour apporter une aide vitale et urgente aux populations vulnérables. Elle a travaillé en Afghanistan, à Haïti, sur la crise syrienne ou encore au Cameroun. Le drame de Muttur, un mois avant son arrivée à Action contre la Faim, a renforcé son engagement.

J’ai rejoint Action contre la Faim en 2006, un mois après le drame de Muttur. C’est un évènement extrêmement marquant, surtout pour une humanitaire qui débute. Au siège de Paris, l’ambiance était lourde, nous étions choqués par la gravité du crime et l’impunité qui l’entourait. Mais cela nous rappelait aussi les fondamentaux de notre engagement humanitaire : assister les personnes les plus vulnérables, même si cela inclut parfois des risques.

Je ne saurai pas expliquer d’où vient mon engagement. Peut-être en partie de mon histoire familiale : une partie de ma famille est d’origine allemande et a fui le nazisme il y a soixante ans. A l’époque, mes grands-parents ont fait face à ce que subissent les migrants et les réfugiés aujourd’hui, et ils ont été aidés par des organisations de solidarité. Aider les plus vulnérables, c’est ce qui a motivé mon choix de rejoindre l’humanitaire. Parallèlement, cela m’a permis de découvrir des cultures différentes. C’est fascinant et tellement riche en apprentissages de rencontrer d’autres visions du monde, d’autres façons d’être humain et de vivre en société.

J’ai connu beaucoup de pays et de cultures différentes en dix ans. En 2006, je suis partie en Afghanistan comme coordinatrice financière et ressources humaines, puis je suis devenue cheffe de mission. Je suis restée quatre ans là-bas dont deux ans pour Action contre la Faim. En 2010, je rejoins à nouveau ACF, cette fois-ci en Haïti. J’y resterai deux ans comme cheffe de mission adjointe, puis cheffe de mission et finalement directrice pays.

J’arrive lors d’un évènement très fort pour le pays : nous sommes dix mois après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 et l’épidémie de choléra vient d’être déclarée. C’est un pays très croyant et cette maladie bouleverse brutalement le rapport au corps et au toucher. Au départ, les personnes n’acceptaient pas le traitement, certaines pensaient que c’était de la sorcellerie. Cette situation est emblématique dans l’approche humanitaire : on peut arriver avec beaucoup de moyens et de volonté, mais cela ne suffit pas. Il faut prendre en compte le contexte culturel, sociologique, des personnes pour pouvoir mener une réponse humanitaire complète et appropriée.

En février 2013, je rejoins mon poste actuel et je deviens responsable des urgences humanitaires. Je dirige une équipe de seize personnes qui sont en appui aux missions sur le terrain qui sont frappées par des chocs soudains. Etre urgentiste c’est un métier : nous sommes sur des déploiements de quatre à six semaines dans les moments aigus de la crise. En presque quatre ans, j’ai travaillé sur plusieurs grosses crises : la crise syrienne via l’ouverture des missions Jordanie et Kurdistan Irakien faites par l’équipe urgence puis transférées à une équipe régulière, la crise des réfugiés centrafricains avec l’ouverture de la mission Cameroun ou encore la crise au Soudan du Sud avec un appui à la mission sur des programmes de nutrition et d’eau, assainissement et hygiène.

Même si c’est un métier dur - où on est confronté à la face sombre de l’être humain, de ce qu’il est capable de faire à ses semblables - il y a des moments de grande fierté. Comme être capable d’ériger un camp en quelques jours dans une plaine où il fait 40°C et commencer à distribuer les produits de première nécessité à des mères et leurs enfants qui ont marché plus de trois semaines. J’ai vécu dans des conditions difficiles physiquement et moralement mais ce que je vis et ce que je vois me font totalement relativiser. J’accepte une part de fatalité et ces sentiments difficiles sont compensés par les liens créés avec les personnes sur place. Le rapport aux gens est très fort et ce sont la richesse de ces liens - en plus de l’aide vitale apportée – qui font pour moi tout le sens de notre présence en tant qu’ONG.

Découvrez tous les témoignages :



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« Mes souvenirs les plus forts sont ceux des gens avec qui j’ai travaillé »
Eric Besse

Eric Besse travaille a rejoint Action contre la Faim en 2012. Ses souvenirs d’humanitaire les plus forts sont ceux des gens qu’il a côtoyés. Des collaborateurs nationaux, impliqués malgré leurs propres difficultés, tout comme l’étaient les dix-sept employés de Muttur.

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« Même si c’est un métier dur, il y a des grands moments de fierté »
Charlotte Schneider

Charlotte Schneider est coordinatrice des réponses d’urgences. Avec son équipe, elle intervient au plus fort des crises pour apporter une aide vitale et urgente aux populations vulnérables. Le drame de Muttur, un mois avant son arrivée à Action contre la Faim, a renforcé son engagement.

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« Notre naissance est une loterie »
Caroline Antoine


Caroline Antoine est référente santé à Action contre la Faim. République démocratique du Congo, Tchad, elle a passé plusieurs années sur le terrain et se rappelle de sa situation en 2006 à l’occasion de la commémoration du drame de Muttur.

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« Les interventions d’urgence m’ont permis de me sentir la plus utile »
Marie Sardier

Marie Sardier a rejoint Action contre la Faim il y a dix ans, peu après le drame de Muttur, et travaille désormais au siège comme référente sécurité alimentaire depuis quatre ans. Elle revient sur son expérience d’humanitaire qui lui a appris beaucoup sur elle-même.

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10 ans après le drame de Muttur :
ne jamais oublier, ne jamais renoncer.

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