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« Les interventions d’urgence m’ont permis de me sentir la plus utile »

Marie Sardier

Temoignage

Marie Sardier - Référente sécurité alimentaire


Marie Sardier a rejoint Action contre la Faim il y a dix ans, peu après le drame de Muttur. Aide aux réfugiés togolais au Ghana, missions en Somalie, au Sud-Soudan, en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Mali et ailleurs, Marie travaille désormais au siège comme référente sécurité alimentaire depuis quatre ans. Elle revient sur son expérience d’humanitaire qui lui a appris beaucoup sur elle-même.

J’ai toujours eu envie de m’engager dans l’humanitaire. J’ai longtemps hésité entre le social et les voyages. A côté de mes études, j’ai accompagné des demandeurs d’asile à Marseille et aux Etats-Unis j’ai travaillé avec des populations somalies et sud-soudanaises. Et puis de fil en aiguille, j’ai eu envie de travailler dans les pays d’où étaient originaires les gens que j’aidais.

Depuis un an, je suis responsable d’un projet spécifique : une méthodologie et un accompagnement technique des études qui cherchent à comprendre les causes profondes de la sous-nutrition. Depuis le début de ma carrière professionnelle, j’ai aussi fait beaucoup d’allers et retours avec le monde académique, en préparant un doctorat. J’ai alterné les moments de réflexion, d’analyse, de prise de hauteur et l’action concrète de terrain, répondant à mon besoin d’aider concrètement les gens.

Le 4 août 2006, lors de l’attaque mortelle à Muttur, j’étais en mission au Ghana. J’ai rejoint Action contre la Faim peu de temps après et les gens parlaient beaucoup de ce drame. Tout le monde était choqué, hébété : « Comment quelque chose d’aussi terrible a-t-il pu arriver ? Assassiner des gens, comme ça, les uns après les autres… ». Les équipes s’inquiétaient des conditions de sécurité sur les missions. L’impact de ce meurtre va bien au-delà des décès, c’est une énorme perte. Nos collègues des équipes locales, sont une immense richesse pour l’humanitaire. J’ai tellement d’exemples d’excellents professionnels, efficaces et pertinents.

Pendant ces dix années, j’ai été marquée de voir à quel point on peut se lier à des gens qui n’ont, à priori, aucun point commun avec soi. Le travail et la rencontre avec l’autre sont l’une des richesses de nos métiers. Ma grande chance a été de vivre et travailler sur des petites bases reculées et d’être quotidiennement en lien avec les équipes nationales comme au nord du Sud-Soudan, sur une toute petite base du Bahr el Gazal où j’étais la seule occidentale. Cela m’a permis de devenir proche de gens à priori très différents de moi. J’ai ainsi découvert beaucoup de choses sur moi, et sur l’autre.

Ces années ont été celles de nombreux changements dans ma vie personnelle. Le travail humanitaire et la vie personnelle sont compatibles certes, mais difficilement. J’ai vécu d’incroyables expériences, mais je n’ai pu commencer à « construire » une vie privée et familiale qu’à mon retour en France.

Au cours de mes différentes missions, les interventions d’urgence sont celles qui m’ont permis de me sentir la plus utile. Ce dont je suis particulièrement fière, c’est d’avoir travaillé et accompagné des collègues issus des équipes nationales, qui ont décidé de rester dans l’humanitaire et qui sont devenus de merveilleux professionnels. Ça n’est d’ailleurs pas anodin si aujourd’hui j'envisage de me tourner vers l’enseignement. J’espère que mon expérience d’humanitaire fera de moi une meilleure enseignante.

Découvrez tous les témoignages :



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« Mes souvenirs les plus forts sont ceux des gens avec qui j’ai travaillé »
Eric Besse

Eric Besse travaille a rejoint Action contre la Faim en 2012. Ses souvenirs d’humanitaire les plus forts sont ceux des gens qu’il a côtoyés. Des collaborateurs nationaux, impliqués malgré leurs propres difficultés, tout comme l’étaient les dix-sept employés de Muttur.

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« Même si c’est un métier dur, il y a des grands moments de fierté »
Charlotte Schneider

Charlotte Schneider est coordinatrice des réponses d’urgences. Avec son équipe, elle intervient au plus fort des crises pour apporter une aide vitale et urgente aux populations vulnérables. Le drame de Muttur, un mois avant son arrivée à Action contre la Faim, a renforcé son engagement.

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« Notre naissance est une loterie »
Caroline Antoine


Caroline Antoine est référente santé à Action contre la Faim. République démocratique du Congo, Tchad, elle a passé plusieurs années sur le terrain et se rappelle de sa situation en 2006 à l’occasion de la commémoration du drame de Muttur.

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« Les interventions d’urgence m’ont permis de me sentir la plus utile »
Marie Sardier

Marie Sardier a rejoint Action contre la Faim il y a dix ans, peu après le drame de Muttur, et travaille désormais au siège comme référente sécurité alimentaire depuis quatre ans. Elle revient sur son expérience d’humanitaire qui lui a appris beaucoup sur elle-même.

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10 ans après le drame de Muttur :
ne jamais oublier, ne jamais renoncer.

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